Les solutions de restauration pour les milieux marins
En mer comme sur le littoral, des solutions concrètes existent pour réparer les dégâts causés aux écosystèmes marins et restaurer leurs services essentiels, de la biodiversité à la pêche. En combinant restauration passive (réduction des pressions) et restauration active (réintroduction d’habitats et d’espèces), la France mobilise ses grandes stratégies nationales et européennes pour remettre ses milieux marins en bon état écologique.
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Un écosystème marin en bonne santé présente des caractéristiques biologiques, physiques, chimiques et sanitaires fonctionnels. Le code de l’environnement définit le bon état écologique de nos eaux marines à partir de plusieurs indicateurs, comme la richesse spécifique (biodiversité) d’un habitat, l’état des stocks des espèces pêchées, ou encore l'absence de contaminants chimiques ou de déchets marins dans le milieu.
Une mer ou un océan en bonne santé sont donc caractérisés par un équilibre naturel dans lequel les activités humaines n’entravent pas significativement leurs fonctions écologiques et les services écosystémiques qu’ils fournissent.
Lorsque cet équilibre est rompu et que les habitats marins se retrouvent dégradés, il est possible de les restaurer via des actions concrètes. Les principales actions de restauration des milieux marins peuvent se distinguer en deux approches complémentaires :
- la restauration naturelle dite aussi passive qui consiste à réduire ou supprimer les sources de dégradation en agissant sur les activités engendrant les pressions puis à laisser l’écosystème récupérer spontanément ;
- la restauration assistée/reconstructive dite aussi active qui consiste à réduire ou supprimer les sources de dégradation en agissant sur les activités engendrant les pressions et à intervenir sur les composantes abiotiques et biotiques de l’écosystème en ayant recours à la réintroduction d’une proportion importante des cortèges d’espèces (du biote).
Dans toutes ces approches, une réduction ou une suppression des sources de dégradation des écosystèmes est primordial.
La restauration active et passive, deux stratégies pour favoriser le retour des écosystèmes dégradés
La restauration active consiste à intervenir directement pour accélérer le retour des écosystèmes dégradés, par exemple en replantant des herbiers de posidonie ou de zostère, ou encore réintroduisant des espèces disparues comme l’huître plate (Ostrea edulis) pour recréer des habitats favorables à la biodiversité.
Elle inclut aussi des actions techniques comme la remise en circulation de l’eau dans des zones côtières via de la désartificialisation, ou la destruction d’espèces non indigènes pour remettre en état des vasières (exemple de la Baie de l’Aiguillon).
Mais avant d’intervenir physiquement sur le milieu, la restauration passive est privilégiée pour laisser les processus naturels agir une fois les pressions supprimées. Cette restauration peut passer par la création de zones marines protégées permettant la régénération spontanée des communautés, la réduction du mouillage dans les herbiers (installation de mouillages écologiques), la limitation des pollutions ou le retrait d’activités perturbatrices dans les zones sensibles.
Ces deux stratégies permettent ensemble de favoriser la résilience des écosystèmes marins et d’améliorer durablement leur état écologique.
Stratégies nationales et européennes pour restaurer les milieux marins
Plusieurs politiques publiques visent à préserver et restaurer les écosystèmes marins, conformément à la Directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM), qui impose aux États membres de l’UE d’atteindre et de maintenir le bon état écologique des eaux marines.
La France, à travers les documents stratégiques de façades (en métropole) ou de bassins maritimes (en outremer), met en place des actions ciblées en ce sens, en application notamment des objectifs définis dans le cadre de la Stratégie nationale mer et littoral (SNML), de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), ou encore de la Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP). Ces dernières portent en particulier un objectif de 5 % de protection forte des eaux métropolitaines d’ici 2030 décliné à l’échelle de chaque façade maritime.
De plus, la mise en œuvre du Règlement pour la restauration de la nature s’appuiera sur l’ensemble des outils existants comme les mesures prises dans le cadre des analyses dites de « risque pêche » (ARP) dans les sites Natura 2000, et contribuera directement à l’amélioration de l’état des habitats marins et, par suite, à celui des espèces qui en dépendent.