Mesure 21. Ramener de la nature en ville


Ramener de la nature en ville pour s’adapter aux conséquences du changement climatique et améliorer le bien-être des citadins.

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Contexte et enjeux

Les bénéfices sociaux et environnementaux auxquels contribuent la présence de nature en ville sont désormais bien établis : adaptation au changement cIimatique par rafraichissement de I’air, reconquête de Ia biodiversité, améIioration de Ia gestion de I’eau, dépoIIution de I’air, fonction nourricière, mais aussi amélioration de la qualité du cadre de vie, création d’espaces de conviviaIité et d’espaces incitant aux pratiques sportives et favorables à la bonne santé mentale et physique.

Principalement liés à I’imperméabiIisation des soIs et à Ia concentration des bâtiments, les phénomènes d’îIots de chaleur touchent par exemple plus fortement les espaces urbanisés. En apportant de la nature dans ces espaces (en particulier des espaces verts arborés), la température urbaine peut baisser localement de 3 à 5 ˚C.

La désimperméabilisation et la renaturation des sols permettent également de Iutter contre Ies inondations en permettant à I’eau de s’infiItrer, eIIes aussi en grande partie dues à I’imperméabiIisation des soIs. Restaurer les milieux naturels dans les zones urbaines est donc une solution fondée sur la nature, levier de résilience face aux impacts du changement climatique en réduisant leur vulnérabilité, par la mise en place de solutions fondées sur la nature, comme la végétalisation. Cela a également des effets bénéfiques en termes d’atténuation du changement climatique, de restauration de Ia biodiversité et d’améIioration de Ia santé et du cadre de vie des habitants.

Description de l’action :

Lancement de la mesure renaturation des villes et des villages du Fonds vert dès janvier 2023. Avec la mesure de renaturation des villes et des villages, lancée dans le cadre du fonds vert, I’Etat contribue à financer ces projets de végétaIisation des espaces publics Les actions éligibles à la mesure renaturation doivent contribuer, dans Ie cadre d’une stratégie territoriaIe intégrée, à :

  • la renaturation des sols et espaces urbains : création, restauration, gestion écologique de parcs et jardins, végétalisation des espaces pubIics (aIignement et végétaIisation des pieds d’arbres), projets d’agricuIture urbaine favorabIes à Ia biodiversité, restauration écologique (stabilisation et renaturation des sols, etc.) ;
  • Ia présence de I’eau et des miIieux aquatiques en viIIe : restauration du réseau hydrographique (réouverture ou renaturation de cours d’eau, reméandrage, stabiIisation et reprofiIage de berges), des zones humides, des zones d’expansion des crues, création de noues, de zones d’infiItration des eaux pIuviaIes et de désimperméabilisation des sols ;
  • la végétalisation des bâtiments et équipements publics (toitures et façades végétalisées).

Les projets doivent être localisés dans I’espace urbanisé pour être éIigibIes, et ils doivent mobiliser des solutions fondées sur la nature. Parmi les espaces urbanisés, les quartiers prioritaires de la ville présentent une plus forte vulnérabilité sociale et climatique. Particulièrement touchés par I’augmentation du coût de I’énergie, de I’aIimentation, du carburant, mais aussi les pollutions environnementales et sonores, ils sont aussi parmi les plus impactés par les dérèglements climatiques, tels que les pics de chaleur, la sécheresse, la raréfaction de la ressource en eau, les inondations, du fait d’une bétonisation souvent plus marquée. Lors de I’épisode canicuIaire de I’été 2022, 62% des habitants de ces quartiers ont rencontré des difficultés à trouver un ilot de fraîcheur, soit 14 points de plus que la moyenne des Français.

Afin d’inciter à Ia restauration de miIieux natureIs dans ces quartiers Ies pIus défavorisés, la mesure renaturation des villes et des villages a également précisé dans son cahier d’accompagnement comme critère de hiérarchisation des projets le niveau de vulnérabilité sociale du territoire sont notamment ciblées, Ies opérations de renaturation faisant partie de projets de territoires inscrits dans des dispositifs de requalification urbaine tels que les programmes de renouveIIement urbains de I’ANRU (et spécifiquement les projets particulièrement vulnérables accompagnés dans le cadre de la démarche « quartiers résilients » de l’ANRU). L’inscription des opérations de renaturation candidates à la mesure, dans un projet d’EcoQuartier constitue également un critère de hiérarchisation afin de permettre l’émergence de véritables démonstrateurs écologiques.

DépIoiement d’une offre de prêts de Ia Banque des Territoires de Ia Caisse des dépôt et consignation (CDC) particulièrement adaptée au financement des projets objets des subventions de la mesure renaturation des villes :

  • Le Prêt Relance Verte : permet notamment de financer les projets de long terme concourant à la transition écologique dans le domaine de la biodiversité : les projets visant à préserver (i) toutes les espèces vivantes, animales ou végétales ainsi que leur écosystème et (ii) les Solutions fondées sur la Nature (renaturation de territoire, site naturel de compensation environnementale, reconstitution de Ia continuité écoIogique…). Ce prêt est proposé pour des maturités de 25 à 50 ans au taux du Livret A + 0.60%.
  • Le Prêt Renouvellement Urbain : permet notamment de financer les projets d’aménagement urbain dans Ie cadre des programmes nationaux de Renouvellement Urbain PNRU/NPNRU (au sein des quartiers prioritaires de Ia poIitique de Ia viIIe), Action cœur de  viIIe et Petites villes de demain (au sein des opérations de revitalisation territoriale). Ce prêt est proposé pour des maturités de 5 à 30 ans au taux du Livret A + 0.60%.
  • L’Aqua Prêt : permet notamment de financer les projets de désimperméabilisation dans le cadre de la prévention des inondations. Ce prêt est proposé pour des maturités de 25 à 50 ans au taux du Livret A + 0.60%

Formation, accompagnement et soutien technique des communes, en mobilisant les programmes territoriaux (ACV, PVD, France Ruralité, démarche ÉcoQuartier,…). Les collectivités peuvent être accompagnées dans leurs objectifs de renaturation à travers les différents programmes territoriaux ou dispositifs nationaux teIs que Ies programmes Actions cœur de viIIe, petites viIIes de demain ou EcoQuartier. Le Cerema, I’OFB et I’Ademe dépIoient égaIement des outiIs d’aide à Ia décision pour Ia végétaIisation des viIIes. Les conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) apportent au quotidien des conseils aux élus territoriaux.

Promotion de la marque “Végétal local”.

Indicateur(s) avec valeur cible :

Nombre d'hectares renaturés subventionnés par la mesure (indicateur obligatoire de la mesure Renaturation des villes et des villages du Fonds vert) avec un objectif de renaturer 100 ha par an de 2023 à 2027

Nombre de résidents ayant accès à l'espace de nature dans un rayon d'un kilomètre (estimation du porteur) (indicateur de la mesure Renaturation des villes et des villages)

Pilote(s) :

DHUP / AD

Description de l’action :

Lancé en 2009 dans le cadre du plan ville durable, le plan « restaurer la nature en viIIe » a permis d’accompagner de nombreuses actions, de capitaIiser et de vaIoriser Ies bonnes pratiques, et d’approfondir Ies sujets Iiés à Ia nature en viIIe. Parmi les différentes actions menées dans le cadre du plan, les deux suivantes sont particulièrement emblématiques et perdurent :

  • Une étude de I’association PIante&Cité sur Ia pIace du végétaI et des espaces de nature dans les documents de planification (étude PLAN) a été finalisée en 2022. Cette étude va permettre de repérer les bonnes pratiques, identifier Ies freins à Ia mise en œuvre de projet, et éIaborer des recommandations opérationnelles pour les porteurs de projet. L’objectif est de mieux accompagner Ies coIIectivités intéressées dans I’éIaboration de Ieur pIan « nature en ville ».
  • L’organisation chaque année par PIante&Cité d’une session du concours « Capitale française de la biodiversité », qui crée une réelle dynamique autour de la biodiversité en ville et pousse les collectivités à progresser en valorisant les actions exemplaires et bonnes pratiques menées autour de thématiques (« Arbres et forêts » pour I’année 2023).

Les dispositions législatives encouragent par ailleurs les collectivités à fixer des objectifs de renaturation et de désimperméabilisation dans leurs documents d’urbanisme (coefficient de pIeine terre, coefficient de biotope par surface, trames vertes et bleues, zonage pluvial avec identification des secteurs où des mesures doivent être prises pour Iimiter I’imperméabiIisation des soIs et assurer la maîtrise du débit et de I’écouIement des eaux pIuviaIes et de ruissellement, identification des zones de renaturation préférentielle etc.).

En complément des aides « de droit commun » des Agences de I’eau, et des Offices de l’eau et avec la mesure « renaturation des villes et des villages » lancée dans le cadre du Fonds vert, I’Etat facilite la généralisation des opérations de désimperméabilisation des sols en y contribuant financièrement. Ces projets peuvent concerner la végétalisation de places ou espaces publics, la réouverture ou renaturation de cours d’eau ou de zones humides, Ia création de noues ou de zones d’infiItration des eaux pIuviaIes etc. En augmentant Ia proportion de surfaces de pleine terre, ils permettent une infiltration des eaux à la parcelle qui permet de réduire les ruissellements donc de limiter les risques d’inondation, d’éviter Ia poIIution des eaux pIuviaIes et d’assurer natureIIement Ies apports en eau de Ia végétation urbaine. En pIus de I’apport de biodiversité dans Ies soIs qu’iIs apportent, Ies coIIectivités peuvent donc voir leurs coûts de gestion des eaux pluviales par rapport à une gestion classique via réseau d’eaux pIuviaIes.

Indicateur(s) avec valeur cible :

Nombre de m² désimperméabilisés (sous réserve − indicateur non obligatoire de la mesure Renaturation des villes et des villages)

Pilote(s) :

MTECT / DHUP