Les services rendus par les écosystèmes

Crédit : Arnaud Buissou / Terra

Les services rendus par les écosystèmes et la biodiversité qui nous entoure sont nombreux : ce sont des services d’approvisionnement fondés sur les ressources naturelles (notre alimentation, nos matériaux, notre énergie…), des services de régulation (du climat, de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau, les limitations des risques, pour la santé...), des services pour notre économie (technologie, innovation par le bio mimétisme par exemple), des services pour notre bien-être et nos patrimoines culturels (récréation, éducation, paysage, spiritualité).

Les écosystèmes : un vivier de ressources et de services pour l’homme

Lors du One planet Summit du 11 janvier 2021, Christine Lagarde (Présidente de la banque européenne) indiquait que la valeur rendue par les écosystèmes par an était de « 130 000 milliards de dollars». Elle précisait que l’humanité perdait en moyenne, près de 20.000 milliards de dollars américains de services fournis par l’écosystème. La protection de nos écosystèmes est donc une question de performance économique, de protection de notre patrimoine et une question à terme de survie.

Le programme Efese (Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques) a commencé à évaluer la capacité des écosystèmes français à fournir les principaux biens et services, mais les résultats sont encore partiels.

À titre d’exemple :

  • La séquestration du carbone dans les écosystèmes comme les forts. En France, la quantité de carbone susceptible d’être réémise dans l’atmosphère suite à une forte déstabilisation du fonctionnement des écosystèmes terrestres pourrait représenter plus de 30 milliards de tonnes de CO2eq, soit plus de 60 fois les émissions françaises en 2015 ;
  • Actuellement, environ 50 % de la production agricole végétale française serait rendue possible grâce à deux services de régulation (fourniture d’azote et restitution de  l’eau aux plantes cultivées) auxquels participent directement les micro-organismes, la mésofaune et la macrofaune des sols (lombrics, etc.) ;
  • Les écosystèmes forestiers et certaines composantes des écosystèmes agricoles contribuent significativement à la régulation des crues et à la limitation de l’érosion des sols en présentant des obstacles aux écoulements (c’est le cas des haies notamment) ou en favorisant l’infiltration (lorsqu’un couvert végétal hivernal est présent par exemple).
  • L’océan, dont les écosystèmes sont en bon état (production de phytoplancton, bon état des herbiers, etc.) produit 50% de l’oxygène que nous respirons et absorbe 30% du CO2. Sa dégradation biologique peut atténuer ces performances.

L’existence même de la biodiversité : un bienfait en soi

Nous bénéficions aussi de la nature du simple fait de son existence, qui constitue un capital transmissible inestimable.

Les écosystèmes en mauvais état peuvent également engendrer des risques, avec des impacts négatifs sur le bien-être humain : accélération des risques naturels (inondations, sécheresses), développement des ravageurs des cultures, émergence de zoonoses (les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme, et vice versa. La transmission de ces maladies se fait soit directement, lors d'un contact entre un animal et un être humain, soit indirectement par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d'un vecteur (insecte, arachnides…)).Ces phénomènes peuvent être encore amplifiés ou déclenchés par certaines activités humaines, par exemple l’imperméabilisation des sols, les pratiques culturales ou le commerce des espèces sauvages. L’équilibre entre les humains et les écosystèmes est alors rompu.