Le

Une initiative française pour un cacao durable

Crédit : Daniel Joseph-Reinette / Terra

À l’occasion de la Journée Mondiale du Cacao, les acteurs de la filière cacao et chocolat en France s’engagent, aux côtés de l’État, et lancent l’Initiative Française pour un Cacao Durable. Cette initiative vise une triple finalité : sociale, économique et environnementale. La France poursuit son rôle moteur dans le domaine de la lutte contre la déforestation, notamment grâce à sa Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) dans laquelle vient s’inscrire cette nouvelle initiative.

Une initiative portée par de nombreux acteurs

Impulsée par le Syndicat du Chocolat, l’Initiative Française pour un Cacao Durable s’inscrit dans la Décennie d'action pour atteindre les Objectifs de développement durable lancée par les Nations Unies, et en cohérence avec les démarches engagées dans d’autres pays européens.

Elle réunit l’État, des entreprises de l’industrie, des enseignes de distribution, des organisations de la société civile, des instituts de recherche travaillant sur la filière cacao et chocolat en France.

Pourquoi la filière cacao s’engage-t-elle ?

Portée par la demande mondiale, l’augmentation des surfaces dédiées à la production de cacao a été particulièrement soutenue depuis les années 1970 : de 4 à plus de 10 millions hectares. Cette expansion s’est faite, pour la moitié au moins, au détriment des forêts naturelles. Dans le monde, la cacaoculture est ainsi passée de plus de 4,4 millions d’hectares au début des années 1960 à plus de 11,8 millions d’hectares en 2018.

La France est le septième plus gros importateur mondial de fèves de cacao, pour fabriquer toute une gamme de produits chocolatés pour sa consommation nationale et pour l’exportation. Le secteur de la chocolaterie française importe également du beurre de cacao, de la pâte de cacao et des poudres. Ces produits ainsi que les fèves proviennent essentiellement d’Afrique de l’ouest (Côte d’Ivoire et Ghana) et dans une moindre mesure d’Amérique latine. 

En savoir plus sur le cacao et la déforestation importée.

Un triple engagement : social, économique et environnemental

Les signataires de cette l’Initiative Française pour un Cacao Durable, qui concerne l’ensemble des produits de cacao et de chocolat (tablettes, confiserie, cacao en poudre…), s’engagent à collaborer pour trouver des solutions durables en faveur de la cacaoculture dans les régions productrices. Les objectifs sont à la fois sociaux, économiques et environnementaux :

  • Améliorer le revenu des cacaoculteurs et de leurs familles, afin qu’ils puissent atteindre un revenu décent (au sens du « Living Income Community of Practice ») au plus tard d’ici à 2030, en collaboration avec les pays producteurs ;
  • Mettre fin, avec l’ensemble des parties prenantes, au plus tard d’ici 2025, aux approvisionnements de l’industrie française du cacao, et ceux de ses partenaires, issus de zones déforestées après le 1er janvier 2020, lutter contre la dégradation des forêts et préserver les massifs forestiers et les zones à forte valeur environnementale demeurant ;
  • Prendre les mesures nécessaires pour lutter et marquer des progrès contre le travail forcé et le travail des enfants, tel que défini par les Conventions de l’OIT, dans les régions productrices de cacao d’ici à 2025, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies 8.7 (mettre fin au travail des enfants, au travail forcé, à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains), tout en contribuant à favoriser les droits des enfants et leur accès à l’éducation. Ils contribueront également à l’émancipation des femmes au sein de la filière cacao.

La France, engagée en faveur de la préservation des forêts 

Adoptée en 2018, la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) vise à mettre fin d’ici 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation, dont le cacao. Son objectif est d’amener chaque acteur (producteurs, entreprises, investisseurs, consommateurs) à faire évoluer ses pratiques pour diminuer la déforestation. Elle cible les matières agricoles qui contribuent le plus à la déforestation importée telles que le soja, l’huile de palme, le bœuf et ses produits transformés, le cacao, l’hévéa, ainsi que le bois et ses produits dérivés. Avec cette stratégie, première initiative de ce type, la France joue un rôle moteur dans le domaine de la lutte contre la déforestation importée.

La France porte également à haut niveau et à l’international cet engagement pour un approvisionnement responsable, durable et à faible intensité de carbone, à travers l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales et humides initiée au G7 de Biarritz en 2019. Elle a également signé le partenariat des déclarations d’Amsterdam (ADP) en 2015, qui vise à enrayer la déforestation induite par l’agriculture. Présidente de ce partenariat du 1er juillet au 31 décembre 2021, la France souhaite faire converger ses objectifs avec le projet de législation contre la déforestation que la Commission européenne présentera en décembre.