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Le Nord retrouve son plus bel ingénieur, le castor européen

Jeune castor nageant dans un cours d'eau - Crédit : Régis Descamps / Office français de la biodiversité

Jeune castor nageant dans un cours d'eau

Crédit : Régis Descamps / Office français de la biodiversité

Bonne nouvelle : après 150 ans d’absence, le plus gros rongeur d’Europe a fait son grand retour dans la région Nord-Pas-de-Calais. Une bonne nouvelle pour la biodiversité en général et les milieux humides en particulier.

Après un siècle et demi d’absence, le castor européen (Castor fiber) a fait son retour dans les Hauts-de-France. La présence du rongeur a effectivement été confirmée par la préfecture du département du Nord fin janvier 2020. Présent sur l’ensemble du territoire français jusqu’au XVIIe siècle, l’animal est ensuite largement chassé pour sa fourrure, sa viande, mais aussi ses glandes anales, prisées par la parfumerie et la cosmétique. Au début du XXe siècle, l’espèce est proche de disparaître, avec quelques dizaines d’individus ne subsistant plus que dans la basse vallée du Rhône. Protégé au niveau national en 1968, le castor européen a peu à peu été réintroduit dans 15 départements et recolonise progressivement les cours d’eau, permettant le retour de l’espèce depuis la Camargue jusque dans l’Est, le centre du pays, l’Île-de-France et le pays Basque. Dans le Nord, le retour naturel de l’espèce s’effectue depuis la Belgique.

Le castor européen n’est pas à confondre avec le ragondin (Myocastor coypus), cette espèce exotique envahissante originaire d’Amérique du Sud, connue pour ravager les berges et la végétation aquatique lorsque les individus sont trop nombreux. Le castor, lui, a bien mérité son titre d’ingénieur des écosystèmes. Sa capacité à couper des arbres et à construire des barrages rend en effet de multiples services à l’environnement. Un apport accru de lumière favorable à la diversité végétale tout d’abord, mais aussi le tamponnement des crues, la réduction de la pollution des cours d’eau et la formation de milieux humides, propices à d’autres espèces.