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Le Congrès mondial de la nature, une étape clé vers un cadre mondial pour la biodiversité

Crédit : Damien Carles

Le Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), accueilli pour la première fois par la France, s’ouvre aujourd’hui à Marseille jusqu’au 11 septembre. Organisé tous les quatre ans, ce congrès rassemble la communauté de la conservation de la nature, des experts scientifiques aux États, en passant par les associations, et pour la première fois les citoyens grâce aux Espaces Générations Nature. À quelques mois de la COP 15 qui doit définir le nouveau cadre mondial d’action pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, ce congrès poursuit la dynamique amorcée avec le One Planet Summit accueilli à Paris en janvier 2021 et doit contribuer à inscrire la biodiversité dans une stratégie nationale et mondiale, au même titre que le climat.

Alors que les efforts internationaux sont concentrés sur les enjeux climatiques (réchauffement, adaptation), la préservation de la nature et du vivant est longtemps restée au second plan de cette mobilisation de la communauté internationale. 

Pourtant, les atteintes aux écosystèmes connaissent un niveau alarmant : 75 % des milieux terrestres et 40 % des écosystèmes marins sont fortement dégradés, pas moins d’un million d’espèces végétales et animales sont menacées d’extinction dans le monde. Cette dégradation a des conséquences majeures sur nos sociétés, car elles sont fortement dépendantes de la biodiversité pour nous nourrir, nous chauffer, être résilientes aux inondations, aux sécheresses, etc.

L’urgence, c’est de faire comprendre à tous que la bataille pour le climat, contre les dérèglements climatiques, est jumelle de celle pour préserver et restaurer la biodiversité. Nous avons du retard sur la biodiversité, on doit le rattraper. C’est pour moi le caractère vital de ce que nous sommes en train de décider. Nous devons bâtir de nouvelles méthodologies, éveiller les consciences, mieux mesurer, et tracer des perspectives et une planification commune.

Emmanuel Macron, président de la République

1 million

d’espèces végétales et animales

sont menacées d’extinction dans le monde

75 %

des milieux terrestres

sont fortement dégradés

40 %

des écosystèmes marins

sont fortement dégradés

Vers un nouveau cadre mondial d’action en faveur de la biodiversité

Depuis son lancement en 2017 par le président de la République française, le secrétaire général des Nations unies et le président du groupe Banque mondiale, le One Planet Summit (OPS) a permis de mobiliser de nombreux partenaires autour d’engagements visant à accélérer la transition écologique au niveau mondial et à agir en faveur de la nature.

Après un One Planet Summit consacré à la biodiversité en janvier 2021, le Congrès mondial de la nature est l’occasion de dresser un panorama global des politiques internationales de protection de la biodiversité, d’identifier les enjeux clés et d’échanger les bonnes pratiques. Au-delà de ce partage, nous devons collectivement donner un nouvel élan et des perspectives concrètes en posant les premières bases du cadre stratégique mondial pour la biodiversité, qui sera définitivement adopté lors de la COP 15.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

En janvier 2021, la France a accueilli la 4e édition du One Planet Summit, entièrement dédiée aux enjeux de la protection de la biodiversité. Des engagements forts y ont été pris pour protéger les écosystèmes terrestres et marins, promouvoir l’agro-écologie, mobiliser des financements pour la biodiversité et protéger les forêts, les espèces et la santé humaine. De nombreuses initiatives issues du One Planet Summit seront mises à l‘honneur lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN de Marseille. Quelques exemples.

  • La coalition haute ambition pour la nature et les peuples, qui soutient un fort niveau d’ambition dans les négociations multilatérales sur la biodiversité. Elle réunit désormais plus de 70 États qui proposent un objectif de protection de 30 % des terres et des mers de la planète d’ici 2030.
  • Le plan d’action Méditerranée exemplaire en 2030, qui apporte une nouvelle impulsion à la protection des écosystèmes méditerranéens, autour de projets concrets pour le développement des aires protégées, la fin de la surpêche, la lutte contre la pollution marine et la réduction des impacts négatifs du transport maritime. Il est soutenu par huit pays des rives nord et sud de la Méditerranée.

Au programme du congrès : retour sur le One Planet Summit

  • Lundi 6 septembre, sommet de haut niveau : Le processus One Planet Summit et ses résultats concrets pour la biodiversité.

Retrouvez l’ensemble du programme du Pavillon France, des Espaces Générations Nature et le programme officiel du congrès

Suivez en direct les échanges du Pavillon France, sur la chaîne Youtube du ministère ou sur le site Biodiversité.gouv.fr.

La France affirme ses ambitions en faveur de la biodiversité

En accueillant ce congrès, la France défend des ambitions fortes en faveur de la biodiversité, au niveau international comme national. Elle portera plusieurs événements majeurs, dont une mobilisation pour la Méditerranée, un point d’étape sur les engagements pris lors du One Planet Summit biodiversité et une réunion de haut niveau du partenariat des déclarations d’Amsterdam, coalition des pays les plus engagés contre la déforestation – qu’elle préside jusqu’à fin 2021. 

Sans attendre l’adoption du prochain cadre international pour la biodiversité, la France agit. Le Gouvernement a également lancé en début d’année 2021 l’élaboration de la troisième stratégie nationale pour la biodiversité, en concertation avec les territoires et les citoyens, dont les premiers travaux sont partagés au cours du congrès.

Tout au long du congrès, les événements programmés sur le Pavillon France seront l’occasion de nourrir cette future stratégie nationale pour la biodiversité, en partageant avec les experts de la protection de la nature, les décideurs issus de tous les secteurs et le grand public.

Le saviez-vous ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est la première convention internationale concernant la biodiversité, qui reconnaît la conservation de la biodiversité comme étant une « préoccupation commune à l’humanité » et une partie intégrante au processus de développement. Elle a été ouverte lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, et est actuellement signée par environ 193 pays. La France l’a ratifiée le 1er juillet 1994. La stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), dont la troisième phase est élaborée tout au long de l’année 2021, est la concrétisation de l’engagement français au titre de cette convention.