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Clôture du congrès mondial de la nature : retour sur les temps forts

Crédit : Amélie Laurin

Après 9 jours de sommets, débats, conférences, expositions et autres ateliers, le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’achève à Marseille. L’objectif est atteint : en réunissant l’ensemble des acteurs de la conservation de la nature, ce congrès a suscité une forte mobilisation, et permet d’inscrire la protection de la biodiversité au cœur de l’agenda international et national.

Une mobilisation forte de tous les publics

Le congrès a permis de mobiliser des acteurs de la protection de la biodiversité du monde entier : États et agences gouvernementales, ONG, organisations de peuples autochtones, agences de développement économique, institutions scientifiques et universitaires ou encore associations d'entreprises. Plus de 9200 congressistes ont participé à ces 9 jours d’échanges, à Marseille ou à distance grâce au format hybride, innovation de cette édition.

9200

congressistes

dont 5700 présents à Marseille et 3500 à distance

25 000

visiteurs grand public

80

événements sur le Pavillon France

Pour la première fois, sur initiative française, le grand public a également eu toute sa place sur le congrès. Plus de 25 000 visiteurs ont ainsi pu découvrir les Espaces Générations Nature (EGN) et les différents espaces d’exposition, dont le Pavillon France qui a accueilli près de 80 événements. Près de 2200 personnes issues de la société civile ont partagé leurs expériences et leur engagement en animant les EGN, et une centaine de classes sont venues découvrir ces Espaces.

Le congrès a permis de mettre en lumière les liens étroits entre climat, santé et biodiversité, et l’importance de faire converger l’action de nombreux secteurs en faveur de la biodiversité, qu’il s’agisse de la finance, de l’éducation, ou même du domaine militaire. Ainsi, une dizaine de membres du Gouvernement sont venus partager l’engagement de leurs politiques publiques en faveur de la biodiversité. Cette approche coordonnée sera notamment au cœur de la future stratégie nationale pour la biodiversité, dont les axes structurants ont été présentés pour la première fois lors du congrès.

La France s’engage : retour sur les principales annonces 

Sans attendre la COP 15 à venir en 2022 à Kunming, en Chine, la France s’engage fortement en faveur de la biodiversité et pour la protection de ses écosystèmes terrestres et marins et des espèces. Plusieurs annonces ont ainsi été faites à l’occasion du congrès : 

  • En France, l’objectif de 30 % de protection des espaces terrestres et marins est déjà atteint pour notre territoire terrestre, et grâce aux efforts fournis, il le sera début 2022 pour le territoire maritime. 
  • 5 nouvelles aires protégées, dont 2 sous protection forte ont été créées.
  • Un renfort de 20 ETPT (Equivalents temps plein travaillés) a été annoncé pour les parcs nationaux, et les effectifs des autres opérateurs de l’eau et de la biodiversité seront maintenus à leur niveau de 2021.
  • Un 51e site Ramsar a été labellisé : la baie d’Audierne, dans le Finistère.
  • Grâce à la coalition « Méditerranée exemplaire en 2030 », la France s’est engagée à un objectif ambitieux de 5 % de protection forte en Méditerranée d’ici 2027, soit une multiplication par 25 de ces espaces.
  • L’Africa Business Forum a été lancé, pour la préservation des forêts tropicales humides gabonaises, pour le développement de chaînes de valeur durables et lutter contre la déforestation importée.
  • Un compteur de la biodiversité ultramarine a été lancé.
  • Un nouveau plan d’action pour prévenir le déclin du dugong à Mayotte a également été annoncé.
  • La première stratégie de préservation de la biodiversité à l’horizon 2030 du ministère des Armées a été présentée lors du congrès.

Un manifeste en faveur de la biodiversité

Alors que l’UICN a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme en publiant sa nouvelle « liste rouge », qui révèle que 30 % des espèces existantes sur Terre sont désormais menacées d’extinction, des avancées ont été obtenues pour préserver et restaurer la biodiversité. 

De nombreuses motions ont été adoptées par l’Assemblée des membres de l’UICN : 

  • La motion 125 visant à renforcer la protection des forêts matures en Europe et faciliter leur restauration, portée par le WWF-France et soutenue par la France, a notamment été adoptée lors de l'Assemblée des Membres d'hier, jeudi 9 septembre. Elle correspond à la position de la nouvelle stratégie européenne pour la forêt et la stratégie européenne pour la biodiversité, visant à la protection des forêts subnaturelles.
  • La motion 003 visant à établir une commission de l'UICN sur le changement climatique, dont l'adoption représente un signal fort d'alignement, en amont de la COP 26 et de la COP 15, sur les liens entre biodiversité et climat. 
  • La motion 040 sur l'élaboration et l'application d'un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 transformateur et efficace permet de donner un signal aux négociateurs en amont de la COP 15 et elle contient notamment la cible de 30% de protection, la réduction de la moitié de l'empreinte mondiale, la notion de stopper et inverser la courbe de la perte de la biodiversité, la notion de "nature-positive" et des éléments sur le cadre de mise en œuvre et la mobilisation des ressources. 
  • La motion 126 vise à faire progresser la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine et donne un signal fort pour un instrument international juridiquement contraignant portant sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Haute mer). 
  • La motion 84 sur la lutte contre la pollution lumineuse et la motion 101 qui invite toutes les parties prenantes de l'UICN à soutenir un objectif de protection et de conservation efficace et équitable d'au moins 30% des zones terrestres et des eaux intérieures et des zones marines et côtières dans le cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020. Il s'agit d'un message fort envoyé à la communauté internationale en amont de la COP 15, sur impulsion de la France qui défend ardemment cet objectif, en tant que co-présidente de la HAC pour la nature et les peuples. Ce message est d'autant plus important qu'il dépasse le clivage entre pays développés et en développement sur cet objectif.
  • Pour finir, l’inclusion des collectivités parmi les membres de l'UICN a été votée.

Le manifeste de Marseille, synthèse des engagements et annonces issues du congrès, adresse un message fort sur la reprise post Covid-19, la crise de la biodiversité et l’urgence climatique. Il rappelle que les urgences du climat et de la biodiversité sont deux faces d’une même crise, et que les réponses à ces urgences doivent se renforcer réciproquement. À travers ce manifeste, le congrès de l’UICN s’engage à respecter et tirer parti des perspectives et des capacités d’agir de tous les citoyens, et particulièrement des jeunes. Il invite également à poursuivre les collaborations et les partenariats, entre pays mais aussi entre disciplines et secteurs. Alors que la pandémie a mis en lumière le caractère insoutenable de notre rapport à la nature, que les événements climatiques extrêmes se multiplient, le congrès encourage les gouvernements, la société civile et le secteur privé à renouer une relation positive avec la nature et les humains, à travers des investissements en faveur de la nature et la conservation des espèces et des écosystèmes. En savoir plus : Manifeste de Marseille, 10 septembre 2021.